04 Mar 2022

« Marsan boutey », métier d’hier ou de demain ?

Suivez le tintement des bouteilles. Jusqu’à une ruelle de Stanley, à Rose-Hill, où habite Mario, le « marsan boutey ». Tailleur pendant un moment, il a repris le « ti biznes » de son père à son décès et opère en bas de chez lui en attendant que son fils lui succède un jour. Telle une véritable fourmilière, des hommes entrent et sortent avec de gros ballots sur le dos. Chacun de ces sacs contient jusqu’à 70 bouteilles en verre qui proviennent de ramasseurs, de boutiquiers ou de particuliers. « Ena boutey par bilyon isi », lance Ton Sylvio, 70 ans, d’un air taquin.

À l’intérieur comme à l’extérieur de la maison, des montagnes de bouteilles vides… En verre transparent ou vert sapin, flasques de spiritueux, chopines de bière, ou encore bouteilles de vin, Mario les reconnaîtrait les yeux fermés. S’il travaille avec tous les embouteilleurs du pays, Oxenham est l’un des plus anciens clients de la famille. « Nou’nn koumans travay ar Oxenham letan konpani ti ankor Porlwi dan bann lane 50 », raconte Mario. « Nou’nn fini abitie, nek gete nou fini kone ki boutey pou kisannla », indique-t-il avec sérieux, « bann konpani-la fer nou konfians. »

Ce n’est pas le travail qui manque. Le téléphone de Mario ne cesse de sonner, il a les yeux partout et lance des consignes ici et là. Rien ne lui échappe. Les bouteilles, achetées aux consommateurs, sont triées, lavées, pour être revendues aux embouteilleurs pour être à nouveau réutilisées et remises sur le marché. « Kan nou fini triye zot, nou met zot tranpe dan bassin avek kostik-soda enn nwit, lerla landime nou lav zot prop », explique Ton Sylvio, qui a quitté la mécanique pour aider Mario il y a dix ans.

Shirin avait 40 ans lorsqu’elle a commencé comme laveuse. Elle en a 75 aujourd’hui, et ses soucis de santé ne l’empêchent pas de continuer à travailler. « Mo ena enn loperasion pou fer, me sak lokazion mo gagne, mo vinn isi. Bann-la dir ki mo’nn trap diab kot bassin », lance-t-elle avec humour. Elle sait qu’elle peut compter sur la bienveillance de son patron, de ses collègues et de sa petite-fille Shamima, 37 ans, qui y travaille aussi. Shamima accompagnait déjà sa grand-mère alors qu’elle n’était qu’une adolescente. « Bann zeness kouma mwa, zot pa le fer sa travay-la. Me si ou bizin travay, ou konn fer vesel, ou pou bizin kapav. »

Au fil des années, l’entreprise familiale a su mettre en place un réseau efficient de collecte et de redistribution des bouteilles. Tout en créant du travail, elle aide à réduire la pollution. « Bann boutey souvan fini dan lanatir. Si nou pe kapav ed dimounn gagn enn lavi, ek anmemtan aret polier ek reservi bann boutey-la, kifer non ? », lance le fils de Mario, prêt à reprendre le flambeau, parce que pleinement conscient de l’utilité de ce « ti biznes ».

As-tu aimé cet article ?

Donne-le une note

Articles les plus récents

Quarterly Box, un coffret rempli d’avantages

Si vous êtes un dégustateur curieux et un amateur de surprises, notre Quarterly Box vous ravira. Dans ce coffret, vous trouverez chaque trimestre une sélection exclusive de grands vins. Mais la Box, c’est bien plus que ça ! Découvrez 5 bonnes raisons de vous abonner.

En savoir plus

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Abonnez-vous à notre newsletter