06 Nov 2020

Les mille et une vies de nos bouteilles

Récupérer, Recycler, Réutiliser… Rien de nouveau pour Joelle Laviolette. C’est son métier depuis 12 ans. Dès 7 heures, aux côtés de ses 10 collègues, elle enfile des gants de protection et attend le déchargement des camions. Elle a pour responsabilité d’ôter au couteau, de milliers de bouteilles, cet élément métallique qu’on appelle la bague d’inviolabilité, de les trier et de les ranger dans des caisses de couleurs distinctes, « Capinella dan Capinella, Cordon dan Cordon », de les préparer pour le grand plongeon dans la laveuse.

Ce tri manuel est, avec la collecte des bouteilles, la première étape du processus de réutilisation des bouteilles. Chef d’orchestre du Centre d’embouteillage du Groupe avant d’en être le CEO, Brian Oxenham en connaît parfaitement l’importance et a placé le
« recyclage » au cœur de sa stratégie de développement. « Au début, dans les années 50, la démarche était essentiellement économique. Sans la consigne, nous aurions eu à importer énormément plus de bouteilles. L’économie que nous faisons permet de créer des emplois », explique-t-il.

Mais l’argument écologique est devenu aujourd’hui tout aussi important. « Non seulement la fabrication des bouteilles en verre est une opération coûteuse en énergie et en matières premières, mais imaginez le volume de bouteilles qui aurait encombré nos poubelles si nous ne les réutilisions pas », ajoute-t-il. Pour récupérer les bouteilles, on compte sur l’efficacité de la consigne. Les bouteilles sont ramenées au supermarché par le consommateur, et récupérée à fréquence régulière par nos camions de livraison.

« C’est un système efficace. Il nous permet de récupérer 80% des bouteilles de notre production, mais il pourrait mieux fonctionner encore. Avec le prix incitatif de consigne de Rs 15 que nous proposons, les efforts que nous mettons pour éviter aux revendeurs des problèmes de stockage et une plus grande sensibilisation au bien-fondé de la consigne, je suis sûr que nous pouvons faire encore mieux », espère le CEO.

Oxenham continue de chercher d’autres moyens de réaliser ses objectifs verts. Le Groupe étudie l’introduction de « washoff labels». « Cette technologie récente en matière d’étiquetage est plus efficace que les autocollants adhésifs existants, difficiles à enlever. Ces nouvelles étiquettes utilisent une colle spéciale, une matière PET qui se décolle facilement et se rétracte. Résultat, l’étiquette ne se dissout pas dans l’eau. Elle peut être récupérée dans le bac d’évacuation d’étiquettes. Cela élimine tout risque de contamination de l’eau, mais il est aussi possible de recycler l’étiquette », dit Brian Oxenham.

En octobre dernier, c’est une deuxième laveuse qui est venue remplacer s’ajouter au parc machines. Avec une cadence rapide, elle peut nettoyer jusqu’à 10 000 bouteilles par heure. Les jets d’eau sont rotatifs : ils accompagnent les paniers de bouteilles, ce qui garantit une meilleure qualité de lavage. « Il s’agit d’une machine d’occasion, d’origine italienne, que nos équipes internes ont totalement remise en état. Elle est comme neuve», explique le CEO.

Mais que faire des bouteilles cassées ? Elles sont 10% à être rejetées par l’Empty Bottle Inspector, qui après le lavage et l’inspection visuelle, repère par infrarouge celles qui sont défectueuses. Des discussions ont été entreprises avec l’ONG Mission Verte, active dans la récupération des déchets pour que ce verre soit broyé et réduit en une matière à filtrer ou à mélanger avec du ciment. Un beau projet qu’Oxenham et Mission Verte espèrent faire aboutir en 2021.

Dans la conjoncture économiquement et écologiquement difficile, la réutilisation des bouteilles prend tout son sens. Pour être réellement efficace, le processus ne peut pas reposer entièrement sur des machines. La consigne ne fonctionnerait pas si l’utilisateur, le revendeur et le producteur ne jouaient pas chacun leur rôle. De même, bien que plus machines soient de plus en plus sophistiquées, un comportement responsable est indispensable pour faciliter le processus. « Eviter de mettre des mégots dans les bouteilles, les rincer pour éviter que les mouches ne les infectent et prolifèrent, vérifier qu’elles ne soient pas fêlées… Ce sont autant de gestes simples qui pourraient entrer dans nos habitudes et contribuer au recyclage et à une meilleure hygiène », souhaite le CEO.

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