Éric Tsang : Reprendre la route…

Éric Tsang : Reprendre la route…

En temps normal, il passe ses journées dehors. Il n’a qu’une hâte : recommencer la tournée des boutiques. La responsabilité d’Éric Tsang, l’un des plus anciens Merchandiser d’Oxenham, c’est d’enchaîner les kilomètres, d’aller de boutique en boutique pour les approvisionner en vins et spiritueux. « J’ai rejoint la compagnie dès la sortie du collège, il y a 35 ans. Depuis, je vais de région en région à la rencontre des boutiquiers », indique-t-il.

Nous avons embarqué avec Éric et son équipe – un chauffeur et trois helpers – il y a quelques semaines, histoire de vivre leur quotidien. Ils sont prêts à prendre la route dès 7h30. « Nous nous occupons d’une zone spécifique. Cela va des faubourgs de la capitale au nord de l’île. En une journée, nous pouvons nous rendre dans 25 à 30 commerces », explique Éric.

En ce vendredi matin, il sillonne Cité-La-Cure, Ste-Croix, Baie-du-Tombeau. « Misie Antoine, bonzour, ena komand ? Nou pe vini la », lance-t-il au téléphone. « J’appelle généralement les boutiquiers quelques minutes avant d’arriver chez eux pour savoir ce qu’ils vont prendre. Le Bordofin rosé et le Oxzano figurent parmi les best-sellers. Le Délice de Litchi est aussi très apprécié. »

Premier arrêt. Alors que les helpers déchargent et livrent les caisses de boissons, Éric, muni de sa tablette, prépare les factures, imprime les reçus et s’assure que tout se passe bien. Tous sont bien rodés. « Nous travaillons ensemble depuis longtemps. Chacun sait ce qu’il a à faire. Nous sommes une équipe soudée et nous nous entraidons. »

Boutique Coccinelle, Tabagie Burni, Boutique Manuel, Boutique Jacques, Chicago, Boutique Yvon… Les arrêts se succèdent ainsi que les anecdotes. Éric, 53 ans, connaît la plupart des gérants depuis plusieurs décennies. « J’ai vu certains se marier, avoir des enfants, partir à la retraite… » Au fil des ans, il a aussi assisté à la fermeture de certaines boutiques et à l’ouverture d’autres, a vu le paysage de ces régions se transformer. « Ici, c’est le petit-fils qui a pris le relais, le bolom se faisait vieux. La propriétaire de la boutique là-bas me racontait l’autre jour que ses enfants venaient d’entrer à l’université, elle en est très fière. »

Après 35 ans à parcourir les routes, la lassitude se fait-elle sentir ? « Sur la route, on ne voit pas le temps passer. On est tout le temps en mouvement. Et j’aime être au plus près de la clientèle », souligne Éric. « Anand (qui roule avec lui depuis une quinzaine d’années, Ndlr) anou ale. »

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