06 Nov 2020

Cap Classique, l’excellence sud-africaine

La France a le Champagne, l’Espagne le Cava, l’Italie le Prosecco… L’Afrique du Sud, elle, n’est pas peu fière de son Cap Classique, produit, depuis 50 ans cette année, dans le plus strict respect de la méthode traditionnelle du Champagne. Si elle n’a obtenu le droit d’utiliser le terme « Méthode Champenoise », le clin d’œil aux origines françaises de ce petit frère du Champagne est sans ambiguïté. Dans les prochains mois, c’est avec faste que l’industrie vinicole sud-africaine célèbrera ce bel anniversaire.

Depuis des décennies, l’Afrique du Sud fabrique des vins mousseux, fermentés en cuve ou injectés de dioxyde de carbone. Ce n’est qu’en 1971 qu’une toute autre méthode, la méthode de production française traditionnelle du Champagne, y est explorée. Elle est ramenée de France à Stellenbosch par le célèbre vigneron Frans Malan, propriétaire du domaine Simonsig. L’expert en chimie qu’il est, séduit par les procédés de production qu’il découvre, réplique la formule – la fermentation secondaire en bouteille.

Légende du vin sud-africain, Pieter Ferreira est un des pionniers du MCC. Il a voué sa vie à la recherche de la bulle parfaite, ce qui lui a valu le surnom de « M. Bulles ». Vigneron pendant plus de 30 ans chez Graham Beck, c’est lui qui a fait du MCC de la maison, le « champagne » de Nelson Mandela et Barack Obama : les deux présidents ont célébré leur investiture respective avec un Graham Beck NV Brut. « Nous restons la meilleure alternative au champagne. Si vous recherchez un vin du Nouveau Monde, avec les mêmes caractéristiques intrinsèques que le Champagne et produit avec le même soin, la Méthode Cap Classique est la meilleure alternative », déclare-t-il au BKWine Magazine, spécialisé dans le vin.

Depuis, les maîtres de chai du Cap n’auront de cesse de la perfectionner et de la raffiner. Parmi eux, Pieter Ferreira.

Le Cap Classique se décline en autant de variétés qu’il y a de vignobles. Pour celui de Graham Beck, son vigneron explique avoir choisi un style « apéritif » maison, avec du Chardonnay, gage d’élégance et de fraîcheur, et du Pinot noir, qui apporte l’équilibre, la complexité et longueur en bouche. « Le Chardonnay de Robertson est notre base principale. Il donne au Graham Beck MCC sa structure de minéralité. Il est plus souple, grâce à un calcaire différent de celui de Champagne. C’est notre source principale, mais nous nous approvisionnons dans cinq autres régions pour le pinot noir. Cet assemblage fait la richesse de notre MCC », dit-il.

La Maison a démarré ses activités dans la production de vins mousseux d’abord, puis s’est diversifiée en développant une variété d’autres vins, avant de revenir à son cœur de métier, la Méthode Cap Classique. Ferreira a rejoint Graham Beck Wines en 1990 afin de lancer, la collection Graham Beck Méthode Cap Classique. Elle comprend aujourd’hui du Brut, Brut Rosé, Bliss Nectar Rosé, Bliss Nectar (pour la version non millésimée) et du Blanc de Blancs, Pinot Noir Rosé, Brut Zero et Cuvée Clive (pour les millésimés).

Quel est le préféré de son créateur ? Le Graham Beck Blanc de Blancs. Et où se cache cette bulle parfaite qui a été sa quête ? Peut-être dans le Graham Beck Cuvée Clive, avoue Pieter Ferreira. Produit uniquement dans des millésimes exceptionnels et en quantités extrêmement limitées, cette cuvée a établi de nouveaux critères d’excellence pour le MCC. Seul le jus de la plus haute qualité (tête de cuvée) issu du premier pressurage est utilisé pour cette édition spéciale.

Plus de 3 millions de bouteilles de Cap Classique sont produites chaque année. Un volume timide à côté des 400 millions de bouteilles de Champagne. Mais Pieter Ferreira croit fermement que le MCC n’est qu’au début de son histoire, et qu’il a un bel avenir sur son propre marché et les marchés d’exportation. « Le Champagne sera toujours la référence pour les connaisseurs. Le Cava existe depuis un certain temps, mais il n’est produit que dans une région d’Espagne et utilise des variétés qui lui sont propres : Macabeu, Parellada et Xarel. Le Prosecco en revanche s’étend, gagne en popularité en Afrique du Sud, mais le consommateur doit se rappeler que le processus est différent de celui du MCC – il est fermenté en cuve et ennuyeux car il est fait à partir d’un seul raisin – le Glera. Il est loin d’être un bon MCC », dit-il.

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